Sommaire
- Comment l’administration fiscale calcule-t-elle votre taux de prélèvement à la source ?
- Mariage, divorce, chômage : l’impact essentiel de chaque changement de situation sur votre prélèvement à la source
- Prélèvement à la source et revenus fonciers : comprendre clairement comment ça marche
- Les 7 erreurs surprenantes sur le prélèvement à la source qui coûtent cher aux contribuables
- Prélèvement à la source pour les indépendants et auto-entrepreneurs : le guide complet pour gérer vos acomptes sans stress
- Questions fréquemment posées
Le prélèvement à la source est entré en vigueur en France en janvier 2019, et pourtant, des millions de contribuables naviguent encore à vue face à leur fiche de paie. Trop prélevé ? Pas assez ? Taux qui ne correspond pas à la réalité ? Ces questions reviennent en boucle, et elles sont parfaitement légitimes. Comprendre ce mécanisme, c’est reprendre le contrôle sur sa fiscalité personnelle — sans attendre la surprise d’un avis d’imposition. Si vous cherchez à approfondir vos connaissances sur l’ensemble de la fiscalité française, notre section dédiée aux impôts vous offre une vue d’ensemble complète. Dans cet article, on va tout décortiquer : le calcul du taux, les situations de vie qui modifient tout, les démarches concrètes sur impots.gouv.fr, et les erreurs classiques qui coûtent cher. Prêt ? Allons-y.

Comment l’administration fiscale calcule-t-elle votre taux de prélèvement à la source ?
Votre taux de prélèvement à la source n’est pas tiré au hasard. Il repose sur un calcul précis effectué par la Direction générale des finances publiques (DGFiP) à partir de votre dernière déclaration de revenus. Concrètement, l’administration prend le montant de votre impôt sur le revenu de l’année N-1 ou N-2 (selon le moment dans l’année) et le divise par vos revenus totaux de la même période. Le résultat ? Un pourcentage appliqué directement sur vos revenus courants.
Prenons un exemple concret. Sophie est salariée, elle a déclaré 32 000 € de revenus nets imposables l’année passée, et son impôt calculé s’élevait à 3 200 €. Son taux de prélèvement à la source est donc de 10 %. Chaque mois, son employeur retient 10 % de son salaire brut imposable avant même qu’elle ne touche son argent. Simple, non ? En théorie, oui. En pratique, les choses se compliquent dès que la situation change.
Ce taux est dit « personnalisé » car il tient compte de votre situation familiale globale : quotient familial, charges déductibles, revenus du foyer entier. C’est précisément pour ça qu’un couple avec enfants aura un taux différent de deux célibataires aux revenus identiques. Le foyer fiscal, tel que vous l’avez déclaré, est la base de tout le calcul. Pour comprendre en détail comment l’administration fiscale détermine votre taux, il faut connaître les paramètres exacts qui entrent dans l’équation.
Un point souvent méconnu : l’administration utilise en priorité vos revenus de l’année N-1. Mais si votre déclaration de l’année N-1 n’est pas encore traitée (en début d’année), elle se base sur N-2. Ce décalage peut créer des écarts temporaires. C’est notamment le cas en janvier et février, où certains contribuables voient un taux légèrement décalé par rapport à leur réalité actuelle. Ça se régularise automatiquement, mais connaître ce mécanisme évite bien des angoisses inutiles.
| Type de taux | Qui est concerné ? | Avantages | Inconvénients |
|---|---|---|---|
| Taux personnalisé | Tous les contribuables par défaut | Reflète la situation réelle du foyer | Employeur voit le taux du salarié |
| Taux individualisé | Couples (mariage ou PACS) | Adapté à chaque conjoint selon ses revenus | Calcul plus complexe, demande en ligne requise |
| Taux neutre (non-personnalisé) | Salarié souhaitant la confidentialité | Employeur ne connaît pas le vrai taux | Peut entraîner un complément à payer soi-même |

Mariage, divorce, chômage : l’impact essentiel de chaque changement de situation sur votre prélèvement à la source
La vie ne s’arrête pas entre deux déclarations fiscales. Un mariage, une naissance, une perte d’emploi, une retraite anticipée — chacun de ces événements modifie profondément votre situation fiscale. Et si vous n’anticipez pas ces changements, votre taux de prélèvement à la source peut rapidement devenir inadapté, soit trop élevé et vous priver de trésorerie, soit trop faible et vous exposer à un rattrapage douloureux en septembre.
Prenons le cas d’un divorce. Thomas et Marie étaient imposés ensemble, avec un taux de 14 % calculé sur leurs deux revenus combinés. Après leur séparation, Thomas, qui gagne moins que Marie, se retrouve avec ce même taux de 14 % appliqué à son seul salaire. Résultat : il est surprélevé chaque mois de plusieurs centaines d’euros. Sans démarche de sa part, ce trop-perçu ne lui sera restitué qu’en septembre de l’année suivante. Autant dire que ça fait mal à la trésorerie.
La bonne nouvelle, c’est que l’administration fiscale permet de signaler ces changements en temps réel via le service « Gérer mon prélèvement à la source » sur impots.gouv.fr. Le délai de prise en compte est en général de 1 à 3 mois. Pour toute personne traversant un tournant de vie, découvrir l’impact précis de chaque changement de situation sur le prélèvement à la source est une étape indispensable pour éviter les mauvaises surprises.
Le chômage mérite une mention spéciale. Les allocations de chômage versées par France Travail (ex-Pôle emploi) sont également soumises au prélèvement à la source. France Travail collecte l’impôt directement sur les allocations. Mais attention : si vous alternez entre périodes de travail et de chômage dans l’année, votre taux peut ne pas refléter les variations de revenus. Un ajustement proactif peut éviter une régularisation importante en fin d’année. Même logique pour une mise à la retraite en cours d’année : les revenus de remplacement sont souvent inférieurs aux salaires, et un taux non ajusté crée un prélèvement excessif dès les premiers mois.
Comment modifier efficacement son taux de prélèvement à la source sur impots.gouv.fr
Modifier son taux n’a rien de sorcier, mais encore faut-il savoir où cliquer. Rendez-vous sur service-public.fr ou directement sur impots.gouv.fr, connectez-vous à votre espace particulier, puis accédez à la rubrique « Prélèvement à la source » > « Actualiser suite à une hausse ou une baisse de revenus ». C’est là que tout se passe.
Le formulaire vous demande d’estimer vos revenus de l’année en cours. Soyez précis mais réaliste : si vous surestimez pour réduire votre taux, vous risquez un redressement. Si vous sous-estimez, vous paierez plus que nécessaire. L’idée est de donner une projection honnête de vos revenus annuels actuels. L’administration recalcule alors immédiatement un nouveau taux, qui sera transmis à votre employeur sous 1 à 3 mois.
Un cas concret : Lucie est en congé parental depuis mars. Son salaire habituel de 2 800 € nets est remplacé par une indemnité de 650 € par mois. Son taux de 12 % calculé sur son ancien salaire lui prélevait 336 € par mois. Sur son indemnité actuelle, ce serait 78 € — mais avec un taux recalculé plus adapté, ce serait encore moins. En déclarant sa baisse de revenus en ligne, elle obtient un nouveau taux de 3 % en quelques semaines. Suivez le guide complet pour modifier votre taux sur impots.gouv.fr et évitez de trop payer chaque mois.
Attention : toute modification n’est pas rétroactive. Les mois déjà prélevés ne sont pas remboursés immédiatement — ils seront pris en compte lors de la régularisation annuelle. Mais chaque mois gagné dès maintenant, c’est de la trésorerie préservée. Ne tardez pas à effectuer la démarche dès que votre situation évolue.
Taux individualisé ou taux commun : quelle est la vraie différence pour votre prélèvement à la source ?
Pour un couple marié ou pacsé, l’administration applique par défaut un taux commun, calculé sur l’ensemble des revenus du foyer fiscal. Ce taux unique est ensuite appliqué aux revenus de chacun des deux conjoints. Le problème ? Quand les revenus sont très déséquilibrés entre les deux partenaires, le conjoint qui gagne moins se retrouve surprélevé, tandis que l’autre est sous-prélevé.
Imaginez Marie qui gagne 1 500 € par mois et Paul qui en gagne 5 000 €. Le taux commun est de 15 % (calculé sur leurs revenus combinés). Marie voit donc 225 € prélevés sur son salaire chaque mois, alors qu’avec un taux individualisé, tenant compte uniquement de ses propres revenus, elle ne paierait que 60 à 80 €. Sur l’année, la différence est significative pour sa gestion de budget mensuel.
Le taux individualisé ne modifie pas le montant total d’impôt payé par le foyer — il répartit simplement la charge de façon plus équitable entre les deux conjoints. C’est une option particulièrement utile dans les couples où l’un des deux est en temps partiel, en congé maternité, ou perçoit des revenus très inférieurs. Pour faire le bon choix entre ces deux options, comparez en détail le taux individualisé et le taux commun selon votre situation personnelle.
La demande de taux individualisé se fait directement sur impots.gouv.fr, dans la rubrique dédiée au prélèvement à la source. L’option peut être activée ou désactivée à tout moment. Un conseil pratique : faites la simulation des deux scénarios avant de choisir — l’espace en ligne propose des outils de calcul qui vous montrent l’impact concret sur chaque fiche de paie.
Prélèvement à la source et revenus fonciers : comprendre clairement comment ça marche
Propriétaire bailleur ? Le mécanisme du prélèvement à la source ne fonctionne pas tout à fait de la même façon pour vos loyers. Contrairement aux salariés dont l’employeur collecte l’impôt, personne ne prélève à votre place sur vos revenus locatifs. À la place, vous versez des acomptes mensuels ou trimestriels directement à l’administration fiscale — c’est ce qu’on appelle le prélèvement par acompte.
Ces acomptes sont calculés sur la base de vos revenus fonciers nets de l’année précédente. Si vous avez déclaré 8 000 € de revenus fonciers nets, et que votre taux global est de 12 %, vous paierez 960 € répartis sur 12 mois, soit 80 € par mois — ou en 4 versements trimestriels de 240 €. Ce montant est prélevé automatiquement sur votre compte bancaire aux dates fixées par l’administration.
Un point qui surprend souvent les propriétaires : si vous vendez un bien, si votre locataire part et que vous ne relouez pas immédiatement, ou si vos charges augmentent significativement, vos acomptes basés sur l’année précédente deviennent inadaptés. Vous continuez à payer pour une réalité qui n’t existe plus. La démarche pour suspendre ou réduire ces acomptes est possible mais demande une action de votre part. Pour tout comprendre sur le prélèvement à la source appliqué aux revenus fonciers, pensez à vérifier régulièrement l’adéquation de vos acomptes avec votre situation locative réelle.
Les revenus fonciers sont également soumis aux prélèvements sociaux (CSG, CRDS) au taux global de 17,2 %. Ces prélèvements sont intégrés dans les acomptes calculés par l’administration. Un propriétaire qui encaisse 1 000 € de loyer par mois ne reverse pas 1 000 € net dans sa poche — il doit anticiper ces prélèvements dans sa gestion de trésorerie. Beaucoup de propriétaires débutants l’oublient et sont désagréablement surpris lors des premiers prélèvements.
| Type de revenus | Mode de prélèvement | Qui collecte ? | Fréquence |
|---|---|---|---|
| Salaires | Retenue à la source | Employeur | Mensuelle (sur chaque fiche de paie) |
| Retraites | Retenue à la source | Caisse de retraite | Mensuelle |
| Revenus fonciers | Acompte | Contribuable (prélèvement auto.) | Mensuelle ou trimestrielle |
| BIC / BNC (indépendants) | Acompte | Contribuable (prélèvement auto.) | Mensuelle ou trimestrielle |
| Allocations chômage | Retenue à la source | France Travail | À chaque versement |
Votre prélèvement à la source est trop élevé ? Voici la démarche indispensable pour le corriger rapidement
Beaucoup de contribuables se rendent compte trop tard qu’ils sont surprélevés. Le premier signe : votre reste à vivre mensuel est anormalement serré alors que vos revenus sont stables, voire en baisse par rapport à l’année dernière. Si votre taux de prélèvement à la source a été calculé sur des revenus plus élevés que ceux que vous percevez actuellement, chaque mois vous perdez de l’argent que vous ne récupérerez qu’un an plus tard.
La démarche pour corriger ça est directe. Connectez-vous sur impots.gouv.fr > espace particulier > « Gérer mon prélèvement à la source » > « Actualiser suite à une baisse de revenus ». Vous entrez vos revenus estimés pour l’année en cours. Attention : si vous sous-estimez vos revenus de façon abusive (plus de 10 % d’écart à la baisse), une majoration de 10 % peut s’appliquer sur la différence. Restez réaliste.
Un exemple parlant : Antoine a perdu son emploi en mars et retrouve un poste moins bien rémunéré en mai. Son taux de 18 %, calculé sur son ancien salaire de cadre, s’applique à son nouveau salaire d’employé. Il perd 180 € de plus chaque mois que nécessaire. En signalant sa situation dès mai, il obtient un nouveau taux de 10 % opérationnel en juillet. Sur 6 mois restants, c’est 480 € récupérés directement dans son budget mensuel plutôt qu’attendus l’année suivante. Pour toutes les étapes détaillées, suivez la procédure complète pour corriger un prélèvement à la source trop élevé sans délai.
Un autre levier souvent ignoré : la modulation à la hausse. Si vos revenus augmentent fortement (prime exceptionnelle, deuxième activité), vous pouvez volontairement augmenter votre taux pour éviter une régularisation importante en septembre. C’est une approche proactive qui témoigne d’une vraie maîtrise de sa fiscalité personnelle.
La régularisation après déclaration de revenus : ce qui change vraiment pour votre prélèvement à la source
Chaque année, en mai-juin, vous déposez votre déclaration de revenus. L’administration compare alors le montant d’impôt réellement dû avec ce que vous avez déjà payé via le prélèvement à la source tout au long de l’année. La différence donne lieu à une régularisation : soit un remboursement si vous avez trop payé, soit un complément à régler si vous n’avez pas payé assez.
Cette régularisation intervient à l’été. Un trop-perçu est remboursé directement sur votre compte bancaire en juillet-août. Un solde à payer est prélevé en 4 mensualités de septembre à décembre, ou en une seule fois si le montant est inférieur à 300 €. Pour beaucoup de Français, c’est à ce moment qu’ils réalisent que leur taux n’était pas adapté à leur réalité.
La régularisation joue également un rôle important pour les crédits et réductions d’impôt. En 2019, lors du passage au prélèvement à la source, un crédit d’impôt de 60 % a été versé en avance en janvier pour les services à la personne, gardes d’enfants, etc. Ce mécanisme a été pérennisé : vous recevez 60 % de votre crédit d’impôt habituel en janvier, et le solde en juillet après votre déclaration. Comprendre comment la régularisation après déclaration de revenus affecte votre prélèvement à la source vous permet d’anticiper les flux de trésorerie sur toute l’année.
Un piège fréquent : les contribuables qui ont eu des revenus exceptionnels ponctuels (vente d’un bien, indemnité de rupture conventionnelle, prime exceptionnelle) et qui ont oublié de modulator leur taux à la hausse. La régularisation en septembre peut alors générer un solde à payer important et inattendu. Mieux vaut lisser le choc tout au long de l’année.
Comment calculer soi-même son taux de prélèvement à la source en 5 étapes claires
Vous n’avez pas besoin d’être expert-comptable pour calculer votre propre taux. Cinq étapes suffisent, et ça prend moins de 20 minutes si vous avez vos documents sous la main. Première étape : récupérez votre dernier avis d’imposition. La ligne « impôt sur le revenu net » est votre point de départ.
Deuxième étape : notez vos revenus nets imposables totaux de l’année de référence (tous revenus confondus : salaires, fonciers, indépendant, etc.). Troisième étape : divisez le montant de l’impôt par les revenus totaux. Multipliez par 100. Vous obtenez votre taux brut. Quatrième étape : comparez ce taux avec celui affiché sur votre espace en ligne ou votre fiche de paie. S’il y a un écart important, creusez pourquoi. Cinquième étape : projetez vos revenus de l’année en cours et estimez si votre situation actuelle est comparable à l’année de référence.
Un exemple chiffré : Marc a un impôt de 4 500 € pour des revenus imposables de 38 000 €. Son taux = 4 500 / 38 000 × 100 = 11,84 %, arrondi à 11,9 %. Si sa fiche de paie affiche 12 %, c’est cohérent. S’il affiche 16 %, il est clairement surprélevé et doit agir. Pour aller encore plus loin dans l’exercice, suivez notre méthode en 5 étapes pour calculer votre taux de prélèvement à la source avec précision.
Ce calcul maison reste une approximation. L’administration intègre des paramètres plus fins (réductions d’impôt, charges déductibles spécifiques, abattements particuliers) qui peuvent faire varier légèrement le taux final. Mais cet exercice vous donne un ordre de grandeur fiable pour détecter une anomalie flagrante et décider si une modulation s’impose.
| Revenus nets imposables annuels | Impôt estimé (célibataire) | Taux approximatif | Prélèvement mensuel estimé |
|---|---|---|---|
| 15 000 € | 228 € | 1,5 % | 19 €/mois |
| 25 000 € | 1 720 € | 6,9 % | 99 €/mois |
| 40 000 € | 5 200 € | 13 % | 217 €/mois |
| 60 000 € | 11 100 € | 18,5 % | 513 €/mois |
| 80 000 € | 18 200 € | 22,75 % | 1 062 €/mois (si mensuel) |
Les 7 erreurs surprenantes sur le prélèvement à la source qui coûtent cher aux contribuables
Cinq ans après sa mise en place, le prélèvement à la source génère encore des erreurs coûteuses. Pas par mauvaise volonté, mais par méconnaissance du mécanisme. Voici les 7 pièges les plus répandus — et comment les éviter.
Erreur n°1 : ne rien faire après un changement de vie. Mariage, divorce, naissance, chômage — beaucoup attendent que l’administration ajuste automatiquement. Elle ne le fait pas en temps réel. La démarche vous appartient. Erreur n°2 : confondre taux nul et non-imposition. Un taux de 0 % ne signifie pas que vous êtes exonéré d’impôt. Si vos revenus augmentent en cours d’année, vous devrez peut-être payer un solde lors de la régularisation. Erreur n°3 : oublier les revenus complémentaires. Location Airbnb, dividendes, micro-activité freelance — ces revenus ne sont pas prélevés à la source automatiquement. Vous devez les anticiper et ajuster vos acomptes.
Erreur n°4 : choisir le taux neutre sans calculer le complément. Opter pour le taux neutre pour préserver sa confidentialité vis-à-vis de l’employeur, c’est légitime. Mais si votre taux réel est supérieur au taux neutre applicable à votre salaire, vous devez payer le complément mensuellement vous-même sur impots.gouv.fr. Beaucoup l’oublient et se retrouvent avec un solde majeur en septembre. Erreur n°5 : ignorer les acomptes non débités. En cas de rejet de prélèvement (compte insuffisamment provisionné), des pénalités s’appliquent. Vérifiez régulièrement que vos coordonnées bancaires sont à jour et que les prélèvements passent bien.
Erreur n°6 : sous-estimer ses revenus de façon excessive. Réduire son taux en déclarant des revenus trop bas est tentant, mais une sous-estimation de plus de 10 % expose à une majoration. L’administration n’est pas dupe. Erreur n°7 : ne pas vérifier son taux sur sa fiche de paie. Des erreurs de transmission entre l’administration et l’employeur existent. Un taux incorrect peut s’appliquer pendant plusieurs mois sans que vous le remarquiez. Prenez 2 minutes pour vérifier votre fiche de paie chaque mois. Pour éviter chacun de ces écueils, consultez notre analyse complète des 7 erreurs sur le prélèvement à la source à éviter absolument. Selon 60 Millions de consommateurs, les contribuables qui ne modulent pas leur taux en cas de changement de situation peuvent perdre plusieurs centaines d’euros de trésorerie chaque année.

Prélèvement à la source pour les indépendants et auto-entrepreneurs : le guide complet pour gérer vos acomptes sans stress
Artisan, consultant freelance, auto-entrepreneur — le prélèvement à la source fonctionne différemment pour vous. Pas d’employeur pour collecter l’impôt à votre place. Vous êtes soumis au régime des acomptes contemporains : l’administration prélève directement sur votre compte bancaire des acomptes calculés sur vos revenus professionnels de l’année précédente.
La fréquence est à votre choix : mensuelle ou trimestrielle. Par défaut, c’est mensuel. Si vous préférez trimestriel, vous pouvez le demander en ligne — c’est souvent plus simple à gérer quand vos revenus sont irréguliers. Mais attention : trimestriel signifie des montants plus élevés à chaque prélèvement, ce qui peut créer des tensions de trésorerie si vous n’anticipez pas.
Le vrai défi pour les indépendants, c’est la variabilité des revenus. Un consultant qui encaisse 8 000 € en janvier et 1 000 € en février ne peut pas se permettre des acomptes calculés sur une moyenne annuelle prévisionnelle. La clé : mettre de côté chaque mois environ 20 à 25 % de vos encaissements sur un compte épargne dédié. Quand les acomptes sont prélevés, l’argent est là. Pas de mauvaise surprise. Pour une approche structurée et complète, découvrez notre guide dédié au prélèvement à la source pour les indépendants et auto-entrepreneurs et gérez vos acomptes sans stress.
Les auto-entrepreneurs bénéficient d’une particularité : ils peuvent opter pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu, à condition que leurs revenus du foyer ne dépassent pas un certain plafond. Dans ce cas, ils paient un pourcentage forfaitaire sur leur chiffre d’affaires (1 % pour les activités de vente, 1,7 % pour les services commerciaux, 2,2 % pour les BNC), et cela solde définitivement leur impôt sur ces revenus — plus d’acompte, plus de régularisation. C’est une option intéressante pour les petits chiffres d’affaires réguliers. Vérifiez votre éligibilité sur impots.gouv.fr.
Enfin, un point crucial pour les indépendants en première année d’activité : pas de revenus déclarés l’année précédente, donc pas d’acomptes automatiques la première année. Cela ne signifie pas que vous ne paierez pas d’impôt — au contraire. La totalité de votre impôt dû sera réclamée lors de la première régularisation. Prévoyez une provision conséquente dès le premier mois d’activité. Beaucoup de nouveaux indépendants découvrent cette réalité trop tard et se retrouvent en difficulté face à un impôt de plusieurs milliers d’euros à payer d’un coup.
Le prélèvement à la source est au fond un outil puissant quand on le comprend vraiment. Il aligne l’impôt sur la réalité financière de chaque moment de vie. La vraie maîtrise vient de la vigilance : vérifier son taux régulièrement, agir dès qu’une situation change, et ne jamais laisser s’accumuler un décalage entre ce qu’on paie et ce qu’on doit réellement. Prenez 10 minutes ce mois-ci pour vérifier votre situation sur votre espace impots.gouv.fr — c’est souvent suffisant pour éviter une mauvaise surprise au moment de la régularisation estivale.
Questions fréquemment posées
Mon employeur peut-il voir mon taux de prélèvement à la source ?
Oui, si vous avez opté pour le taux personnalisé, votre employeur reçoit votre taux via la DSN (déclaration sociale nominative). Si vous souhaitez conserver la confidentialité de votre situation fiscale, vous pouvez demander l’application du taux neutre (non personnalisé) sur impots.gouv.fr. Dans ce cas, si votre taux réel est supérieur au taux neutre, vous devrez payer le complément vous-même chaque mois directement à l’administration fiscale.
Que se passe-t-il si je ne fais pas de déclaration de revenus ?
La déclaration de revenus reste obligatoire même avec le prélèvement à la source. C’est elle qui permet à l’administration de calculer votre impôt définitif, de prendre en compte vos crédits et réductions d’impôt, et d’effectuer la régularisation (remboursement ou complément). Ne pas déclarer expose à des pénalités et à une taxation d’office sur des bases souvent défavorables.
Le prélèvement à la source s’applique-t-il aux revenus de l’épargne ?
Non. Les intérêts, dividendes et plus-values mobilières ne sont pas soumis au prélèvement à la source au sens strict. Ils sont généralement soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU ou « flat tax ») de 30 %, qui inclut l’impôt sur le revenu (12,8 %) et les prélèvements sociaux (17,2 %). Ce prélèvement est effectué directement par votre banque ou établissement financier au moment du versement.
Peut-on demander un remboursement si l’on a trop payé via le prélèvement à la source ?
Oui. Si les prélèvements mensuels de l’année dépassent le montant d’impôt réellement dû (calculé lors de la déclaration de revenus), l’excédent vous est automatiquement remboursé par virement bancaire, généralement en juillet ou août. Il n’y a aucune démarche à effectuer : la régularisation se fait automatiquement dès que votre déclaration est traitée par la DGFiP.
Mon taux de prélèvement à la source peut-il être de 0 % ?
Oui, tout à fait. Si vos revenus sont inférieurs au seuil d’imposition (environ 15 547 € pour une part en 2024), votre taux peut être de 0 %. Cela signifie qu’aucun prélèvement n’est effectué à la source. Attention toutefois : si vos revenus augmentent en cours d’année au-delà du seuil, une régularisation lors de la déclaration annuelle pourra générer un impôt à payer. Il est conseillé de surveiller son niveau de revenus et d’ajuster si nécessaire.
